top of page
  • Photo du rédacteurDelphine

Et si en passant par Fortaleza, on allait la visiter?

Vous me demandez régulièrement si ça vaut le coup de s'arrêter à Fortaleza et d'aller visiter la sixième plus grande ville du Brésil. Invariablement, je vous réponds qu'il n'y a pas grand chose à y voir. Et si je m'étais trompée?



Faisons d'abord un petit point d'histoire sur cette ville



carte de Fortaleza en 1726
carte de Fortaleza en 1726


Son nom Fortaleza provient du Fort Schoonenborch, construit par les Hollandais au cours de leur deuxième contrôle de la région entre 1649 et 1654. La devise de la ville (présent sur son blason) est le mot latin Fortitudine qui signifie « la force, la bravoure, le courage ».




Avant la dérive des continents, la zone où s'élève Fortaleza était contiguë à la ville de Lagos, au Nigeria. Le littoral actuel des deux villes s'est formé il y quelque 150 millions d'années, au cours du Jurassique supérieur. L'évolution géologique provoque alors l'émergence de grandes dunes sur la côte du Brésil.


Les dunes de Fortaleza
Dunes de Fortaleza

Les Potiguaras sont les indigènes originaires de Fortaleza. Ils peuplaient une partie du littoral, avec d'autres tribus appartenant aux Tupis. Avant la colonisation du Ceará, il y a eu aussi deux passages de flottes espagnoles à Fortaleza. La région est le parcours maritime pour arriver était réputée dangereux à cause de ses nombreuses tribues cannibales. Les espagnols ont beaucoup documentés et aider les colons



Trou Normand
Le trou Normand aurait il été inventé au Brésil?

On notera que dès la fin du XVIe siècle, les habitants du littoral du Ceara commercent avec les Normands. Les sols étant « impropres à sa culture », il n'y avait « pas un intérêt économique mobilisateur pour les Portugais ».

Il est dit que le nom Ceara, l'Etat où se trouve Fortaleza viendrait de ces mêmes normands qui voyant ces dunes blanches à perte de vue l'auraient nommé petit Sahara (Saara en brésilien) ce qui aurait donné avec le temps "Ceara". Un trou Normand quelque part ;-) Je vous donne la recette ici

Mais dès 1605, les Portugais commencent la colonisation du Ceara et excluent les étrangers du trafic colonial dans cette région.


Ils érigent alors le Fort de Saint-Jacques (São Tiago) et donnent au village le nom de Nouvelle Lisbonne. Mais cette tentative échoue en raison de la sécheresse de 1605 et la Nouvelle Lisbonne est abandonnée. Le Portugais Martim Soares Moreno arrive en 1613, restaurant et menant l'expansion du Fort de Saint-Jacques et le renommant Fort Saint-Sébastien. En 1631, les Hollandais essayent néanmoins de reprendre le Fort Saint-Sébastien, mais cette action commune avec les Indiens Potiguara échoue. En 1637, ils arrivent enfin à prendre le fort, toujours avec l'aide des populations autochtones. Mais en 1644, le Fort Saint-Sébastien est détruit par les Indiens. Les Néerlandais sont tués ou expulsés. En 1649, une nouvelle expédition néerlandaise négociée au préalable avec les Indiens, permet la construction du Fort Schoonenborch sur les rives du Riacho Pajeú. C'est l'évènement qui déclenche le début de l'histoire de Fortaleza. Puis en 1654, les Hollandais se retirent, le fort est rebaptisé Fort de Notre-Dame de l'Assomption. En 1726, le fort est inscrit dans le patrimoine de la ville. En 1799, Fortaleza est choisie comme capitale de l'État du Ceara.

Au cours du dix-neuvième siècle, Fortaleza consolide son leadership au Ceara, renforcée par l'émergence de la culture du coton et avec l'augmentation de la navigation directe avec l'Europe. Durant les années 1870 et 1880, des mouvements républicains et abolitionnistes se forment, aboutissant à la libération des esclaves du Ceará le 25 mars 1884.



carte de Fortaleza en 1726
Fort de Fortaleza en 1945

Le vingtième siècle voit de grands changements urbains se réaliser à Fortaleza, d'améliorations diverses à l'exode rural, et la ville s'agrandit considérablement : à la fin de 1910, elle devient la septième ville du Brésil au regard de la population. Entre 1943 et 1945, la Seconde Guerre mondiale touche Fortaleza, qui accueille le Service Spécial de Mobilisation des Travailleurs et deux bases américaines.

Entre 1950 et 1960, la ville connait une croissance économique qui dépasse les 100 % et commence l'aménagement des quartiers éloignés du centre-ville. À la fin des années 1970, un pôle industriel du Nordeste commence à émerger avec la mise en œuvre de la zone industrielle de Fortaleza. Après la chute du régime militaire, le peuple élit la première femme maire du Ceará, Maria Luisa.

A la fin du siècle plusieurs changements structurels dans la ville se mettent en place, avec la création de plusieurs routes, une réforme majeure à l'hôpital pour les premiers soins, et des espaces culturels. La ville devient une des principales destinations touristiques du Nordeste.



Le port de Pecem Fortaleza ceara
Le port de Pecem

Au cours du 20ème siècle, Fortaleza devint un important pôle industriel (pétro-chimie, textile, métallurgie, agro-alimentaire) et commercial, qui en fait aujourd´hui la plus grande agglomération de la région Nordeste et la 6ème du pays. Son port international se développe.



La population de Fortaleza, l'année de sa création en 1726, est estimée à 200 habitants dans le noyau urbain. En 1922, Fortaleza atteint les cent mille habitants. Dans les années 1980, la municipalité de Fortaleza dépasse celle de Recife au regard de la population, ce qui en fait la deuxième municipalité la plus peuplée du Nordeste avec 1 300 000 habitants. En 2023, on y comptait plus de 4 millions d'habitants.

Fortaleza au début du XXe siècle accueille des immigrants de plusieurs nationalités, en particulier des Portugais. Plusieurs familles de Syro-libanais parviennent également à constituer une solide communauté à Fortaleza. De moindres importances, on retrouve des Espagnols, Italiens, Anglais ou Français. Pendant la Seconde Guerre mondiale, la ville accueille de nombreux militaires américains au consulat de leur pays.


D'après le dernier recensement plus de 28 000 étrangers se sont installés dans le Nordeste. Les Italiens, les Portugais, les Espagnols arrivent avec l'intention d'investir et des Français (particulièrement à Pontal de Maceio où depuis 2012, ils ont construit un village entier sur sa plage). « Dans la plupart des cas, ces étrangers sont basés dans des villes balnéaires, dans des régions comme Canoa Quebrada et Jericoacoara, et sur les plages environnantes. Ils viennent ouvrir des commerces comme des pousadas et des restaurants. L'État accueille également un grand nombre d'Africains, qui recherchent une formation d'enseignement supérieur dans les universités du Ceará, et de Coréens dont le but est de travailler dans le commerce dans le de Centre de Fortaleza et au Porto do Pecém.



L'aéroport Pinto Martins Fortaleza ceara
L'aéroport Pinto Martins Fortaleza

Fortaleza attire grâce aussi à son aéroport international qui a été augmenté en 2021 pour faire face au traffic touristique de plus en plus important.

Sa première piste est construite en 1930. Durant la Seconde Guerre mondiale, l'aéroport a servi aux forces alliées. C'est à cette époque qu'une deuxième piste d'atterrissage y fut construite.

Aujourd'hui, il compte 72000m2 de terminaux, 13 pistes et reçoit plus de 4 millions de passagers par an.



Si vous avez lu jusqu'ici, vous comprendrez qu'entre mon arrivée en 2012 et aujourd'hui, l'expansion de Fortaleza, tout comme la région a été importante et que rester sur ma première impression est ridicule.


Beirra Mar Fortaleza
Beirra Mar

Il y a donc aujourd'hui, une myriade de choses à voir, à faire et à découvrir à Fortaleza!

Des musées, des galeries, des restaurants gastronomiques, mais aussi des points de vue et la nouvelle plage de Beirra Mar totalement refaite avec son marché du soir, ses pistes cyclables, ses terrains de basquet, ses petits restaurants : un petit Rio en plus moderne!

Je vous laisse découvrir toutes les activités à faire à Fortaleza ici, sur le site www.Visiter-Fortaleza.com, qui mieux que moi en retrace la liste.



Merci d'avoir lu jusqu'au bout! Et à très vite dans cette très jolie région.

Σχόλια


bottom of page